Le matin, la présentation a porté principalement sur l'action du Syndicat Mixte qui se concentre plus sur le grand cycle de l’eau, développant des solutions fondées sur la nature pour stocker l'eau dans les sols et ralentir les écoulements, que sur son petit cycle (eau potable, assainissement).
Jean Louis BATTUT a insisté sur le rôle crucial des zones humides :
- Identifiées comme de véritables « éponges », les 6 500 à 10 000 hectares de zones humides du bassin, qui agissent comme un deuxième barrage des Saints-Pères, capable de stocker jusqu'à 30 à 45 millions de m³ d'eau ;
- Vitales pour soutenir le débit des cours d'eau en période d'étiage ;
- Cruciales pour l'adaptation au changement climatique, alors que le territoire évolue vers un climat proche de celui de Valence en Espagne, marqué par des sécheresses extrêmes (ex de 2022) et des pluies intenses, la ressource devient un enjeu stratégique majeur, particulièrement face à la demande croissante des territoires voisins (Toulouse, Aude).
Le Syndicat, qui prône une « ville perméable » via les désimperméabilisations, les jardins de pluie et l'infiltration à la source, a créé une mission « Eau et Urbanisme » pour accompagner les collectivités dans les documents de planification.
Il rappelle enfin que le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) impose que les documents d'urbanisme (SCOT, PLU) soient compatibles avec ses orientations et conformes à son règlement.
Lors d'échanges avec la salle, des CE se sont notamment étonnés de :
- l'association, ou consultation, non systématique pour les PLU ou certains projets d’aménagement ;
- freins administratifs, évoqués par le président, qui bloquent parfois des projets de restauration de zones humides.
En réponse à l'interrogation des CE sur les réactions des propriétaires fonciers et agriculteurs face aux inventaires de zones humides sur leurs terres, le syndicat a précisé que, grâce à une communication préalable, l'accueil est généralement bon bien que la gestion de ces zones puisse modifier des pratiques agricoles.
A d'autres questions, portant sur les risques de prolifération de moustiques ou d'espèces invasives (comme la renouée du Japon) lors de la restauration de milieux humides, le syndicat a rassuré sur le rôle des prédateurs naturels et l'importance du couvert végétal pour limiter ces nuisances.
Tous ces échanges ont souligné la fin du paradigme de l'eau abondante et la sécheresse de 2022 a servi de révélateur, montrant que même sur ce territoire, des coupures d'eau potable deviennent une menace réelle.
L'après-midi a été consacrée à la visite d'une zone humide et d'une zone de renaturation, sur la commune de VALDURENQUE.
Les CE ont manifesté un vif intérêt pour l'expertise technique du Syndicat, tout en plaidant pour une meilleure intégration de cette structure dans les procédures d'enquête publique afin de sécuriser les décisions d'aménagement du territoire face aux défis climatiques.